Le monde m'étonne, me révolte, m'inspire, et vous?
Nov 21

aucune carte

Souvent je suis rentrée chez moi. J’ai mis la clé dans la serrure d’une porte rouge. D’une porte d’un bleu âgé. J’ai tourné le verrou d’une porte beige et d’une porte grise. Parfois la clé était sous le paillasson où je frottais mes pieds chargés du poids de ma ville,... read more →
Nov 21
Nov 15

verbe-premier

Atelier d'écriture Live du 15 novembre propulsé par Ecrire Clair - à partir du livre Je, d'un accident ou d'amour de Loïc Demey.
Nov 09

entre mes doigts

La chaleur de l’air. Ou sa moiteur. Quelque chose de différent qui parcourt la gorge, emplit les poumons, se dépose sur la peau. C’est ce dont je me souviens. La porte s’ouvre, un pas, à peine, et la sensation déferle. Pleine et entière. Quelque chose se déverse sur mes épaules.... read more →
Nov 06

caresser hésiter renoncer

Chaque mot fait un objet et une idée. Celui-ci fait aussi une promesse. Commencements possibles, premiers pas, nouveaux départs. C’est dans la main une sensation recherchée, celle de l’objet qui entre en relation avec la paume de la main des épousailles pour qu’une histoire se raconte ensuite. Croit-on. Autour de... read more →
Oct 26

là-bas

Là-bas je regardais plus souvent la lune, ou mieux. Comme si le changement de mes coordonnées physiques changeait aussi mon regard. Je la scrutais avec l’impression de la voir plus grande. Son disque prenant plus de place dans ce paysage-là. Ses cratères plus épais et présents, profonds. Sa courbure à... read more →
Oct 19

lieu perdu

*Une histoire de lieu perdu. Non ce n'est pas une histoire. C'est une variation pour échapper. Quelque chose se cherche parce que ce qui a été perdu doit être cherché. Lieu perdu donc. Je crois n'en avoir aucun. Ma vérité, à force de penser à l'habiter, à lire sur ce... read more →
Oct 18

dernière utopie

Lorsque la dernière des utopies à portée de nos existences est la poésie il faut la saisir la couver lui offrir le monde entier, ce qu’il en reste, lui confier les doigts noueux de l’ancienne la voisine et les arbres à l’unisson. Leurs feux à écrire au noir charbon, leurs racines à soulever le... read more →
Oct 15

derrière eux leurs mouvements

Qu’as-tu fait dans ta ville ? J’ai attendu qu’elle disparaisse. ——— Sur ce banc. La Rotonde sur la gauche. A quelques dizaines de mètres. On en sort on y entre. Les cigarettes des hommes accoudés à la rambarde surplombent la place du marché. Le rendez-vous a été fixé ici. Sur ce... read more →
Oct 08
Oct 05

ton corps de vertige

Tu es allongée. Le sol n’est pas froid. Tu sens tout. Contre ton cou des brins d’herbe. Contre ton dos un insecte. Contre ta peau le soleil. Tes poignets contre ton ventre se soulèvent alors tu ouvres les yeux. Ils se sont ouverts. Doucement les paupières repliées. Allongée. Sur le... read more →
Sep 16
Août 05

ville de rien

Revenir dans cette ville d’abord un voyage intérieur une ritournelle une obsession d’abord cette ville la vider des vieilles émotions qui relient les adresses l’une à l’autre puis à la suivante des mensonges qui laissent des traces grises aux murs des croyances qui pendent aux arbres d’abord revenir avec le... read more →
Juil 03

dedans comme jamais

Ta ville est dépeuplée elle est hantée c’est toi. --------- Il y a deux façons de marcher tout droit dans ma ville. Choisir la ville du haut c’est choisir les corps les arbres les vivants les regards aux fenêtres sur la Rue Grande penchés. Choisir la ville du bas c’est... read more →
Juin 30

un nuage un rêve un orage

Que t’as donné ta ville ? Que lui as-tu rendu ? Qu’est-ce qu’elle t’as pris ? Que lui as-tu offert ? Je ne sais pas. --------- Elle a donné ses nuits son noir du ciel une étoile filante ses cauchemars offerts à l’oreiller aux draps de lumières voiles sur ses... read more →
Juin 28

les tâches d’encre

Les couloirs le matin sentaient le détergeant. Parfois les sols encore humides. On ne savait pas qui avait déposé cette odeur cette fine pellicule d’eau où poser nos centaines de pas désordonnés. Il y avait les rangées que nous formions calmes certains matins tumultueuses le vendredi souvent. Il y avait... read more →
Juin 25
Mai 30
Mai 23

les oiseaux

Savent-ils que nous les décimons Les oiseaux savent que nous mentons Les oiseaux savent-ils que nous empoisonnons leur monde savent-ils que partout nous nous entretuons Les oiseaux savent que nous mentons savent que nos bouches sont vides et tordues Les oiseaux savent que nous trébuchons aux racines d’arbres qu’ils chantent... read more →
Mai 14
Avr 19

Extrême vide

Il hésite. Ça se lit sur son visage il hésite. Le sourcil épais dessine une vague d’incertitude au-dessus de ses yeux qui semblent ne rien regarder. Sa mâchoire a perdu l’arrondi des jours d’insouciance les dimanches surtout quand il n’a pas à tendre le bras vers son téléphone qui vibre... read more →
Avr 16

parenthèses comme verrous

(être une maison hantée. Au-dedans du corps résident les sons d’anciennes vies. Oreilles habitées des mémoires d’un jadis. Une maison hantée. Les bruits sous une couche de poussière, infime, un souffle et les draps se soulèvent. Ne pas respirer, ne pas les chercher, ne pas leur donner de mots. Fuir... read more →
Avr 05

Cet instant

Puis ce jour est venu. Il est rentré. Il a dû le sentir en refermant la porte derrière lui. Que l’air était différent. Trois phrases ne suffisent pas. A dire un instant. Dire l’instant. Cet instant. La porte et lui. Fermée comme lui. Fermée sa main. Sa main et sa... read more →
Mar 27

Passage

Tu ne peux rien en savoir, tu ne peux t’y préparer   Je veux saisir la lumière pouvoir la dire cette lumière aveuglante avant qu’elle ne s’estompe ou que l’œil ne la dompte laissant un instant aux formes de se préciser de s’installer dans l’espace la lumière n’a... read more →
Mar 16

même si

Frottez les cellules mortes les grains invisibles les peaux molles encore fiévreuses encore une brosse de mains en mains frottez les germes minuscules chacun à son tour les crins de la brosse rugueux méticuleusement gestes lents mimétiques de mains en mains et le sol recouvert monticules sans couleur presque translucides... read more →
Mar 16

s’estompe et tombe

Une feuille à peine morte cache la terre une bourrasque puis dévoile le brun fourmillant des silences de minuscules vivants une feuille retourne dans le vent et l’espoir à son arbre son écorce épaisse de mille jours frondaison chante moque une feuille qui d’un souffle bousculée vers une lumière à... read more →
Mar 01

Il est cinq heure

Texte écrit pour la revue Les villes en voix   Lueur incandescente Le ciel horizon rouge flash Sous les paupières Fermées les fenêtres Vibration D’une ville et d’une autre Silences tonnerres de la nuit qui Cèdent à l’empire Du jour et ses voix qui Chuchotées répandent l’écho Une main tremble... read more →
Fév 15

Trois hommes

Ce sont, trois hommes je les compte, encore un deux trois et encore. Ils sont nus, sont assis les trois hommes. Les trois hommes mes trois hommes ils sont peints. Ils sont pliés assis contre un mur dans cette peinture, ma peinture, sur mon mur, mon chez-moi, mon à-moi, mon... read more →
Fév 06

Vibrato

Main. Une main posée. Une main. Gauche. Main agile. Cette main et un doigt appuyé. Une main et un doigt appuyé corde vibre corde sonne sous le doigt et la main suspendue une main dans le temps une main dans l’espace d’un instant une main et un doigt soutenus le... read more →
Jan 30

puis disparaissent

Le soleil n’a pas trouvé son chemin. La nuit dans un prolongement sombre attend la relève. Tarde. Percer l’épais. S’étire s’épand se fige le brouillard. Seule. Une lumière humaine pointe pâle. Halo trouble défiant la pesanteur du blanc. Matin obscur. Dans la rue subsiste la lueur d’un lampadaire comme défi... read more →